OLIVIER DE WASSEIGE (DefinITion) E-LEARNING ? PLUTÔT POUR 2003 !2002 sera t-elle l'année de l'e-learning ? La question mérite d'être posée : le mot est dans toutes les bouches et il ne se passe pas un jour sans qu'un acteur ou l'autre du marché internet n'évoque un contrat potentiel. Internet Addict a donc posé la question à Olivier de Wasseige (definITion), qui a plusieurs réalisations à son actif. Avec sa société d'une dizaine de personnes, il a réalisé plusieurs programmes, dont un toujours exclusif “cours d'e-business”.
Olivier de Wasseige : Je ne pense pas que l'année 2002 sera déjà l'année de l'e-learning ; il décollera plutôt à partir de 2003. L'année 2002 restera une année d'essais pour de nombreuses entreprises et institutions, de réflexions et de tests sur l'un ou l'autre cours, avant de penser à une politique e-learning large scope. Mais il ne faut pas généraliser : certains projets sont déjà bien avancés.
I.A. : Pourquoi ce retard ?
OdW : Les raisons sont notamment techniques : l'e-learning exige souvent une large bande passante (vidéo, flash ...) ; les avancées dans ce domaine sont évidentes, mais pas encore suffisamment généralisées. Qui plus est, l'e-learing exige encore souvent le téléchargement de plug-in, ce qui rebute de nombreux utilisateurs : ces outils seront cependant de plus en plus installés en standard sur les machines, ce qui favorisera l'utilisation intense des moyens multimédias. Enfin, de nombreuses organisations (notamment les grandes) mettent de telles limitations à l'accès internet par leurs collaborateurs - et de tels firewalls- qu'il est parfois impossible, au départ d'un poste de travail, d'accéder à un cours à distance chez un fournisseur externe ; et comme de nombreuses grandes organisations n'ont pas encore décidé d'acheter un Learning Management System à installer sur leur intranet ...
“En Europe, le chiffre d'affaires de l'e-learning devrait atteindre 350 millions d'euros en 2004”
I.A. : Comment l'e-learning a t-il évolué en Belgique ces derniers mois ?
OdW : Je pense qu'on passe de la phase d'écoute polie à la phase d'intérêt évident, mais on observe encore de grandes disparités entre des entreprises qui ont franchi allègrement le pas, et d'autres qui se tâtent encore, alors que toutes les études sur le retour sur investissement prouvent l'intérêt de l'e-learning. Souvent, les facteurs humains sont déterminants (résistance au changement ...). Par contre, on ne prend pas encore assez en compte la problématique de la pédagogie de la formation à distance. Trop de sociétés ou organisations utilisatrices et trop d'opérateurs du marché de l'e-learning pensent qu'il suffit d'avoir traduit purement et simplement un contenu de cours en multimédias pour susciter l'intérêt des participants. Ce manque d'approche pédagogique a évidemment un effet négatif sur le taux de succès auprès des étudiants, qui sont vite découragés, et actuellement le taux d'abandon en cours de formation est assez important.
I.A. : Comment vous positionnez-vous alors ?
OdW : Dans cette optique, DefinITion se positionne autant comme un conseiller en pédagogie de la formation à distance au niveau du développement du contenu qu'au niveau de l'assistance ou l'apprentissage du tutorat à distance, car il ne s'agit pas seulement d'avoir un bon contenu, encore faut-il que le professeur (tuteur) accepte et maîtrise les techniques d'enseignement à distance, et les modes d'interactivité avec sa classe ... virtuelle ! Et bien sûr en aval, nous assurons le développement des contenus.
I.A. : 2001, une bonne année pour DefinITion ?
OdW : Nos résultats en e-learning en 2001 seront en phase avec nos prévisions, à deux niveaux. D'abord dans la mise en ligne de cours pour compte de tiers, ou pour notre propre compte (dans le domaine de l'e-business) et ensuite dans la diffusion de cours à distance en e-business, et notamment en mode mixte : une partie à distance, une partie en présentiel. Cette formule rencontre pas mal de succès, notamment auprès de cadres en formation continue, qui apprécient le gain de journées de travail non passées en salle de formation, mais aiment aussi partager des expériences et faire des études de cas en classe présentielle. Nous avons notamment pas mal de sessions où la matière du cours présentiel est à 100% fonction des ‘résultats’ sur la partie suivie à distance : matières moins bien comprises (suivant les résultats des quizz), questions posées, débats dans les forums, etc ... Nous rencontrons aussi un bon succès dans notre offre ASP, en louant une plate-forme customisée à certains clients.
Internet Addict, mars 2002
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