LA MEILLEURE STRATEGIE POSSIBLE !
1. La sensibilisation. "La première phase de la réflexion stratégique consiste à être sensibilisé aux impacts d'Internet sur la stratégie de l'entreprise : l'e-business) est une opportunité et/ou une menace et il faut déjà que, dans un premier stade, le patron de PME prenne conscience des enjeux de l'Internet et de ses possiblités, au-delà de ce qu'il a comme vision traditionnelle, à savoir le site web et le e-commerce B2C. Cette phase touche la Direction Générale, les responsables marketing, commercial, recherche et développement, GRH, finances, logistiques,..."
2. La stratégie. "C'est la deuxième étape : une stratégie e-business tiendra compte de l'impact de l'Internet sur la chaîne de création de valeur de l'entreprise. Partant d'un état des lieux, on établira un diagnostic d'opportunité : suis-je une entreprise passive (Internet n'a pas d'impact sur mon activité), réactive (mes clients m'obligent à utiliser Internet), proactive (Internet m'offre de nouvelles possibilités d'amélioration) ou innovante (Internet permet de me différencier concrètement quels sont les enjeux, quelles sont les causes qui génèrent ces enjeux, quels sont les leviers e-business à utiliser, et surtout pour quels bénéfices."
3. Déterminer la valeur. Définir une stratégie d'implémentation de solutions ne sert à rien si on n'a pas déterminé quelle création de valeur chaque solution e-business allait apporter à l'entreprise, mais aussi à ses clients et à ses partenaires (fournisseurs, sous-traitants...). Olivier de Wasseige : " de nombreux échecs de mise en place de solutions e-business résultent du fait qu'on a imposé des solutions Internet aux clients parce qu'elles simplifiaient les processus de l'entreprise, alors qu'elles n'apportaient aucune valeur ajoutée au client ". Il s'agit donc d'abord et surtout, de se pencher sur la valeur ajoutée "En fonction de cette étude de la création de valeur, on déterminera des propositions de valeur (exemples concrets: faciliter la recherche du produit, réduire les coûts de transaction, accélérer la distribution, augmenter la qualité du service, par exemple une meilleure personnalisation, augmenter la transparence de l'information, améliorer la diffusion des connaissances...). Les propositions de valeur se basent sur des modèles d'e-business, catégorisés en modèle des relations transactionnelles, modèle d'intégration des processus ou encore modèle du partage des ressources».
4. Agir progressivement et par étapes. "Dans cette étape, on déterminera une progressivité de l'implémentation de solutions e-business, qui partira de la simple présence en allant jusqu'à l'intégration totale des processus de l'entreprise avec ceux des partenaires ou clients, et en passant par les stades intermédiaires de l'interaction (je communique en bi directionnel avec l'extérieur) et de la transaction (je prends ou je passe des commandes). Afin de définir d'éventuelles priorités dans le développement, on essaiera d'obtenir un consensus partargé par l'ensemble des acteurs du projet, en se basant par exemple sur une grille de détermination des priorités où l'on classe les besoins en quatre catégories suivant la grille MoSCoW d'Oracle (Must -Should -Could - Won't). Ceci permet de déterminer le périmètre de la version 1 et des versions ultérieures, et de rejeter des besoins hors périmètres car n'apportant rien à la stratégie, même si leur implémentation aurait fait plaisir au service demandeur. Cette phase est essentiellement du ressort de l'entreprise, qui peut se faire aider d'un conseiller qui animera le travail".
5. Dessiner l'architecture. "C'est la vraie troisième étape : on va dessiner une architecture e-business décomposée en trois niveaux : fonctionnel, organisationnel et technique. Cette phase est capitale, car elle détermine la future façon de travailler. Si elle ne dispose pas des compétences en interne, l'entreprise se fera assister de spécialistes en architecture de projets e-business".
6. Le développement. La quatrième étape consiste à développer (ou faire développer par une firme extérieure) le projet, en tenant compte des principes suivants - évidents quand on les lit, mais pas toujours faciles à mettre en application -: implication active des utilisateurs internes, développements segmentés et livraisons fréquentes de releases, non remise en cause des besoins définis tests réalisés durant le cycle de développement...On préconisera une approche de développement itérative, basée sur le time-boxing, chaque time-box permettant de construire et d'améliorer le prototype, qui est revu par l'utilisateur final, générant de cette sorte les spécifications de la version N+l. On se limitera en général à trois cycles de développement".
7. Change management. Last but not least, la dernière étape concerne la gestion du changement, capitale pour que le projet e-business soit une réussite. "Les causes d'échec sont nombreuses : absence de maîtrise des nouvelles technologies, 25 ans de systèmes développés en propre - changer signifiant souvent souffrir-, beaucoup pensent que c'était mieux avant, pas de vraie compréhension commune entre informaticiens et utilisateurs... avec cette question en toile de fond : «pourquoi dois-je faire une partie du travail qu'un de mes collègues faisait auparavant (phénomène classique de rejet des systèmes intégrés tels1es ERP)...".
Trois axes de gestion du changement :
- Le plan de communication
- le plan de développement de compétences (informations et utilisateurs) : ce point est capital : il est en général estimé qu’un utilisateur mal formé à une application fait 6 fois plus appel au support qu’un utilisateur bien formé.
- le plan de gestion du changement, basé sur un tableau de bord permettant d’évaluer l’avancement du plan de changement, le degré de maîtrise des facteurs clés de succès et la performance de l’accompagnement du changement.
Il est donc nécessaire de diagnostiquer le changement induit par le projet e-business et de définir une stratégie de transformation évitant un big bang en interne, mais l'évitant aussi aux clients, aux fournisseurs, aux partenaires...II est à noter que les coûts de cette phase sont souvent sous-estimés».
Une conclusion? "Oui : quand tout est mis en place, il faut déjà se remettre en question, sur base de l'adage qui n'avance recule"...
Inside Internet, Mai 2003
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