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est le fruit du regroupement, en décembre 2005, des sociétés DefinITion et IMmedia.


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Gourou de l'e-Wallonie

Ancien d'IBM et Cap Gemini, Olivier de Wasseige a créé sa propre société en 1999. Soucieux du développement de la Wallonie, il veut y stimuler l'e-gouvernement, l'e-business et, de plus en plus, l'e-learning

RENCONTRE

Olivier de Wasseige, 42 ans, travaille 80 heures par semaine pour promouvoir l'e-business en Wallonie. Via sa société DefinITion, créée en octobre 1999, il a déjà formé entre 3.000 et 4.000 patrons de PME wallons aux bases de l'Internet et a mené un grand nombre de missions de consultance, tant dans le privé que dans le public.

«Il ne faut pas noircir le tableau. Selon moi, l'évolution Internet de la Wallonie suit une bonne courbe», explique-t-il. «Les patrons de PME de moins de 10 personnes, qui constituent tout de même 90 pc du tissu économique wallon, ont mis plusieurs années pour mûrir mais aujourd'hui, ils se rendent compte que l'e-business n'est pas réservé aux grandes entreprises et ils veulent eux aussi se lancer dans l'aventure».

Titulaire d'une licence et d'une maîtrise en informatique décrochées aux Facultés de Namur, Olivier de Wasseige a travaillé d'abord dans le domaine du génie logiciel en France, en Suisse et en Belgique avant d'acquérir une expérience de consultant au sein d'entreprises aussi prestigieuses que Cap Gemini, Axime et IBM.

«Lorsque j'ai décidé de fonder mon entreprise, certains m'ont dit que j'étais fou mais aujourd'hui, je ne regrette rien», affirme-t-il. Désirant stimuler le goût d'entreprendre en Wallonie, ce bûcheur dans l'âme est devenu pour y parvenir administrateur de l'Union wallonne des entreprises et membre des comités PME de la Fédération des entreprises de Belgique et de la section Hainaut-Namur d'Agoria.

«Un entrepreneur qui s'intéresse à sa région et à son développement se doit de s'investir dans un certain nombre d'initiatives publiques et privées», dit-il. «Via différents mandats, j'essaie de mieux comprendre les tenants et les aboutissants du développement de notre pays. Le fait d'avoir pratiqué la politique au plan communal il y a une dizaine d'années m'a aussi permis d'apprendre beaucoup de choses, car la Wallonie est une région où politique et économie sont intimement liées».

Mais s'il tente de stimuler le business des autres, Olivier de Wasseige reste aussi et avant tout un entrepreneur soucieux du développement de sa propre entreprise. Cette dernière vient d'ailleurs de faire un fameux bond en avant avec la reprise du personnel, du catalogue de cours et surtout du porte- feuille de clients de la société en faillite Visiocom Benelux, spécialisée dans la formation à distance. Une opération qui permet désormais à DefinITion de compter quinze employés répartis à Gembloux et à Bruxelles et surtout de viser un chiffre d'affaires de plus d'un million d'euros pour cette année. Sans compter qu'elle lui permet de mettre un pied sur le marché flamand grâce à des clients tels que la BNB, Eurocontrol, Mobistar et Pfizer.

Après l'e-business, l'e-commerce ou l'e-gouvernement, trois domaines dans lesquels la société DefinITion est déjà bien rodée, Olivier de Wasseige s'attend à ce que l'e-learning connaisse à son tour un développement très important dans les années à venir.

«Dès 1999, nous nous sommes lancés dans l'e-learning avec la conviction que l'Internet pouvait apporter une véritable valeur ajoutée à la formation», explique-t-il. «Mais il faut bien admettre que les débuts de cette activité, dans laquelle nous avons beaucoup investi, ont été difficiles parce que le marché et les utilisateurs n'étaient pas encore mûrs. Aujourd'hui, nos efforts commencent heureusement à payer puisqu'en 2003, l'e-learning représentait déjà 35 pc de notre chiffre d'affaires».

Grâce à l'essor du câble et de l'ADSL, la technologie n'est en tout cas plus une barrière au développement des cours à distance, pour laquelle il suffit d'un PC, d'une webcam et d'une connexion Internet. Ce qui fait dire au patron de DefinITion que la formation à distance, surtout utilisée aujourd'hui par les grandes entreprises, pourrait très rapidement concerner également les PME, dont les employés n'ont souvent pas le temps de consacrer des journées entières pour aller suivre des formations, voire même le marché résidentiel par le biais de la télévision interactive.

Mais attention, prévient Olivier de Wasseige, il ne suffit pas de simplement transposer un cours traditionnel sur Internet pour en faire de l'e-learning efficace. «Nous travaillons avec une équipe de pédagogues spécialistes de l'informatique éducative pour aider les auteurs de cours papier à les transformer en cours à distance», explique-t-il. «Il ne s'agit pas du tout de leur apprendre leur métier, mais plutôt de les aider à s'adapter au média Internet, qui demande notamment d'être plus bref et de poser des questions plus fermées».

Olivier de Wasseige sait de quoi il parle puisque lui-même a dû complètement revoir le cours d'e-business qu'il enseigne dans différentes écoles et universités pour l'adapter à l'e-learning. «Etant donné que mon cours était constitué à 90 pc d'oral, cela m'a permis de constater la difficulté de cette transposition», raconte-t-il. «Mais cela m'a aussi permis d'enseigner ce cours à l'Université de Nancy sans jamais devoir m'y rendre une seule fois».

S'il croit donc à l'envol prochain de la formation à distance, qui permet de réduire les durées de formation de 40 à 50 pc en supprimant les déplacements mais aussi en offrant un contenu plus efficace car plus personnalisé, Olivier de Wasseige ne croit pas pour autant que l'e-learning va remplacer la formation traditionnelle. «La vidéoconférence n'a pas non plus tué la business class dans les avions parce que rien ne remplace le contact humain», affirme-t-il. Selon lui, on va donc plutôt vers des formules mixtes, où la formation à distance servirait par exemple de «piqûre de rappel» quelques mois après une formation traditionnelle.

Son engouement pour l'e-learning n'empêche en tout cas pas l'entrepreneur wallon de continuer à songer encore et toujours au développement de sa région. Pour la Chambre de commerce de Namur, il a ainsi mis sur pied un cours à distance intitulé «rédiger son business plan». On ne se refait pas.

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